Mis à jour le 2 octobre 2026
Le Private Equity et les actifs non cotés ont leur propre vocabulaire : LBO, dette unitranche, carried interest, appel de fonds, DPI, TVPI ou encore courbe en J. Ce glossaire du Private Equity rassemble 70 définitions essentielles pour comprendre les stratégies d'investissement, les véhicules, le cycle de vie d'un fonds et les indicateurs de performance. Conçu pour les conseillers en gestion de patrimoine (CGP), les banquiers privés, les family offices et les investisseurs avertis, il est enrichi régulièrement. Utilisez la barre de recherche pour accéder directement à une définition.
Les fondamentaux du non coté
Private Equity (capital-investissement)
Le Private Equity est une classe d'actifs qui consiste à investir en fonds propres dans des entreprises non cotées afin d'accompagner leur développement, leur transformation ou leur transmission. Réalisés sur un horizon de long terme, généralement 8 à 12 ans pour un fonds, ces investissements associent l'apport de capitaux à un accompagnement stratégique des équipes dirigeantes. Le Private Equity regroupe plusieurs stratégies selon la maturité des entreprises ciblées : capital-risque, capital-développement, capital-transmission et capital-retournement.
Actifs non cotés (marchés privés)
Les actifs non cotés, ou marchés privés (private markets), regroupent l'ensemble des investissements réalisés en dehors des marchés financiers publics. Cette catégorie comprend notamment le Private Equity, la dette privée, l'infrastructure et l'immobilier non coté. Ces actifs se distinguent par un horizon d'investissement long, une liquidité limitée et une valorisation périodique plutôt que quotidienne. Ils sont de plus en plus intégrés aux allocations patrimoniales comme source de diversification et de décorrélation partielle vis-à-vis des marchés cotés.
Prime d'illiquidité
La prime d’illiquidité désigne le surcroît de rendement attendu par un investisseur en contrepartie de l’immobilisation de son capital sur une longue durée, sans possibilité de revente rapide. Elle constitue l’un des arguments structurels des actifs non cotés. Cette prime n’est toutefois jamais garantie : elle dépend de la sélection des gérants, du millésime et des conditions de marché, et la dispersion des performances entre fonds est significative.
Approche cœur-satellite
L'approche cœur-satellite est une méthode de construction de portefeuille qui combine un cœur composé de stratégies diversifiées, résilientes et offrant une bonne visibilité (par exemple un fonds de fonds ou une stratégie de capital-transmission mid-market), avec des satellites investis dans des stratégies plus ciblées, destinées à renforcer le potentiel de performance (capital-risque, thématiques sectorielles, secondaire). Cette approche vise à équilibrer stabilité, diversification et création de valeur à long terme au sein de l'allocation en non coté.
Dette privée (Private Debt)
La dette privée consiste à financer des entreprises non cotées via des instruments d'endettement accordés directement par des fonds plutôt que par des banques ou les marchés obligataires. Elle est fréquemment sollicitée par des entreprises de taille moyenne recherchant des alternatives aux financements traditionnels, notamment dans le cadre d'opérations de LBO.
Les prêts sont généralement assortis de garanties et de covenants négociés à l'origine, et les créanciers sont remboursés avant les actionnaires en cas de liquidation. Le profil de risque de la dette privée est ainsi généralement inférieur à celui des stratégies en fonds propres, avec des rendements attendus plus modérés et majoritairement issus de coupons, souvent à taux variable.
Infrastructure
L'investissement en infrastructure consiste à allouer des capitaux à des actifs physiques et des services essentiels : réseaux d'énergie, transports, télécommunications, énergies renouvelables, traitement de l'eau ou des déchets. Il s'agit d'investissements à long terme, souvent caractérisés par des flux de trésorerie stables et prévisibles, fréquemment adossés à des contrats de long terme ou à des tarifs régulés, et protégés par des barrières à l'entrée significatives. Selon le niveau de risque, on distingue les stratégies Core, Core Plus, Value Add et Private Equity Infrastructure.
Les stratégies d'investissement en Private Equity
Capital-risque (Venture Capital)
Le capital-risque est une stratégie du Private Equity qui investit dans des jeunes entreprises innovantes (startups) à fort potentiel de croissance, mais présentant un risque élevé. Ces sociétés, souvent pas encore rentables, ont un accès limité aux financements bancaires. On distingue généralement l'amorçage (seed), le early stage et le late stage. La performance d'un portefeuille de capital-risque repose souvent sur un petit nombre de succès majeurs, ce qui implique une forte dispersion des résultats.
Capital-développement (Growth Capital)
Le capital-développement, ou Growth Equity, est une stratégie de Private Equity ciblant des entreprises en forte croissance disposant d'un modèle économique éprouvé, qu'elles soient déjà rentables ou non. Ces sociétés recherchent des financements pour soutenir une nouvelle phase de développement : expansion commerciale ou internationale, augmentation des capacités, acquisitions. L'investisseur prend généralement une participation minoritaire, assortie de droits de gouvernance.
Capital-transmission (Buyout)
Le capital-transmission est une stratégie de Private Equity consistant à acquérir, le plus souvent en majorité, des entreprises établies dans le cadre d'un changement d'actionnariat : départ du fondateur, cession par un groupe, sortie d'un autre fonds. Ces opérations sont généralement structurées sous forme de LBO. Il s'agit de la stratégie la plus importante du Private Equity en volume, segmentée par taille d'entreprise (small, mid-market et large cap).
Leveraged Buy-Out (LBO)
Le leveraged buy-out (LBO) est une technique d'acquisition reposant sur un effet de levier financier. Une société holding, détenue par le fonds et souvent par l'équipe dirigeante, s'endette pour financer une partie de l'acquisition, puis rembourse cette dette grâce aux flux de trésorerie remontés par l'entreprise acquise. Le financement combine généralement fonds propres et différentes tranches de dette (senior, unitranche, mezzanine). Cette technique s'applique principalement à des sociétés matures aux revenus stables et prévisibles.
Capital-retournement (Turnaround)
Le capital-retournement est une stratégie de Private Equity consistant à investir dans des entreprises confrontées à des difficultés opérationnelles ou financières. Les investisseurs apportent des capitaux et un accompagnement opérationnel soutenu afin de restructurer l'entreprise, restaurer sa rentabilité et favoriser son redressement. Cette stratégie présente un niveau de risque élevé et requiert une expertise spécifique en restructuration.
GP Stakes
Le GP Stakes consiste à prendre des participations minoritaires dans le capital de sociétés de gestion d'actifs alternatifs (private equity, dette privée, infrastructure). L'investisseur perçoit une quote-part des revenus de la société de gestion — frais de gestion récurrents, carried interest et revenus issus de son bilan — sans intervenir dans la gestion des fonds. Cette stratégie offre une exposition diversifiée à plusieurs gérants et millésimes, avec des distributions potentiellement plus précoces qu'un fonds de private equity traditionnel.
Opérations et création de valeur
Buy-and-build (build-up)
Le buy-and-build est une stratégie de création de valeur qui consiste à acquérir une première entreprise, dite plateforme, puis à réaliser des acquisitions complémentaires (add-ons ou build-ups) pour constituer un groupe plus important. La valeur peut être créée par la croissance externe, les synergies commerciales et opérationnelles et, dans certains cas, par un effet de revalorisation : un ensemble de plus grande taille peut bénéficier d’un multiple de valorisation supérieur à celui des sociétés acquises séparément.
Co-investissement
Le co-investissement consiste pour un investisseur à investir directement dans une entreprise aux côtés d’un fonds de Private Equity, sur une opération sélectionnée par le GP. Il permet de renforcer l’exposition à une transaction spécifique, généralement avec une structure de frais potentiellement plus légère que celle d’un fonds traditionnel. En contrepartie, le co-investissement concentre davantage le risque sur les entreprises sélectionnées et suppose une capacité d’analyse et de décision rapide.
Multiple d'EBITDA (multiple de valorisation)
Le multiple d’EBITDA est l’un des principaux multiples de valorisation utilisés en Private Equity. Il rapporte la valeur d’entreprise à l’EBITDA généré par la société. Exemple : une société générant 10 M€ d’EBITDA et valorisée à 10 fois cet agrégat présente une valeur d’entreprise de 100 M€. La création de valeur peut notamment provenir de la croissance de l’EBITDA, du désendettement et, dans certains cas, de l’évolution du multiple de valorisation entre l’entrée et la sortie.
Sortie (Exit)
La sortie désigne la cession d’une participation par un fonds, étape qui matérialise la création de valeur et permet les distributions aux investisseurs. Les principales voies de sortie sont la cession à un industriel, la cession à un autre fonds (secondary buyout), l’introduction en bourse (IPO) et les opérations GP-led sur le marché secondaire.
Dette privée : les principales approches
Direct lending (prêt direct)
Le direct lending est une stratégie de dette privée dans laquelle des fonds prêtent directement à des entreprises, sans intermédiation bancaire traditionnelle. Ces prêts, souvent seniors et à taux variable, peuvent notamment financer des opérations de LBO sponsorisées par des fonds de Private Equity. La performance provient principalement des intérêts versés par les emprunteurs.
Dette senior
La dette senior désigne la tranche de financement qui bénéficie du rang de remboursement prioritaire par rapport aux autres créanciers en cas d'insolvabilité ou de liquidation de l'emprunteur. Elle est généralement garantie par des sûretés sur les actifs ou les titres de l'entreprise. En contrepartie de ce niveau de protection, elle offre le rendement le plus faible de la structure de financement.
Dette junior (dette subordonnée)
La dette junior, ou dette subordonnée, constitue le second rang de créance : son remboursement n'intervient qu'après celui de la dette senior. Elle peut prendre la forme d'un financement mezzanine, d'une dette de second rang (second lien) ou d'une obligation à haut rendement. Ce rang de remboursement moins favorable est rémunéré par un taux d'intérêt plus élevé.
Dette mezzanine
La dette mezzanine est une forme de dette subordonnée hybride, alliant des caractéristiques de dette et de fonds propres. Elle se situe dans la structure financière entre la dette senior et les capitaux propres. Sa rémunération combine généralement un coupon en numéraire, des intérêts capitalisés (PIK) et parfois un intéressement à la plus-value via des bons de souscription d'actions (equity kicker).
Elle offre un rendement supérieur à celui de la dette senior, en contrepartie d'un risque accru, tout en restant remboursée avant les actionnaires.
Dette unitranche
La dette unitranche est une forme de financement qui combine les caractéristiques de la dette senior et de la dette junior au sein d'une seule facilité de crédit. Généralement fournie par des fonds de dette privée, elle simplifie la structure de financement grâce à une documentation unique, un interlocuteur unique et un taux d'intérêt global. Elle est fréquemment utilisée dans le cadre d'opérations de LBO, de refinancement ou de croissance externe.
PIK (Payment In Kind)
La dette PIK est une forme de financement subordonné dont les intérêts ne sont pas versés en numéraire de manière régulière, mais capitalisés et ajoutés au principal de la dette, remboursés à l'échéance. Généralement utilisée dans les opérations de LBO, elle permet à l'emprunteur de préserver sa trésorerie pendant la durée du financement. En contrepartie d'un risque plus élevé, notamment en l'absence de flux intermédiaires, elle affiche un rendement supérieur à celui de la dette traditionnelle.
CLO (Collateralized Loan Obligation)
Un CLO est un véhicule qui détient un portefeuille diversifié de prêts à effet de levier accordés à des entreprises, généralement composé majoritairement de prêts seniors à taux variable, et qui se finance en émettant plusieurs tranches de dette ainsi qu’une tranche equity. Les flux générés par le portefeuille sont distribués selon une cascade : les tranches les plus seniors sont servies en priorité, tandis que la tranche equity perçoit les flux résiduels et supporte un niveau de risque plus élevé. Les CLO relèvent du crédit structuré et permettent aux investisseurs de s’exposer à différents niveaux de risque et de rendement selon la tranche considérée.
Infrastructure : les principales approches
Greenfield
Les projets Greenfield désignent des investissements dans des infrastructures en phase de développement ou de construction, telles que des parcs solaires, des réseaux de fibre optique ou des centres de données. Ces actifs ne génèrent généralement pas de revenus avant leur mise en exploitation et présentent des risques de construction, de délais et de dépassement de budget, rémunérés par un potentiel de rendement plus élevé.
Brownfield
Les projets Brownfield désignent des investissements dans des infrastructures déjà construites et en exploitation, telles que des autoroutes, des aéroports ou des parcs éoliens. Ces actifs génèrent des revenus dès l'investissement et peuvent nécessiter des travaux de modernisation, d'extension ou d'optimisation. Leur profil de risque est généralement plus faible que celui des projets Greenfield.
Core Infrastructure
Le Core Infrastructure regroupe les actifs d'infrastructure les plus matures et les moins risqués, couvrant des besoins essentiels : réseaux d'énergie, infrastructures en partenariat public-privé (PPP), parcs d'énergies renouvelables bénéficiant de contrats de long terme. Ils génèrent des revenus stables et prévisibles, souvent régulés ou contractualisés, favorisant des distributions régulières. Cette stratégie de long terme (10 à 25 ans) vise généralement un rendement cible de l'ordre de 7 à 8 % par an.*
Core Plus
Le Core Plus regroupe des actifs d'infrastructure présentant un niveau de risque supérieur au Core, tels que les aéroports, les tours de télécommunication ou les data centers. Les revenus sont moins régulés et davantage exposés aux volumes et aux conditions de marché, tout en restant relativement prévisibles. Cette stratégie combine distributions régulières et création de valeur à la revente, avec un rendement cible généralement compris entre 8 et 10 % par an.*
Value Add
Le Value Add consiste à investir dans des actifs d'infrastructure présentant un potentiel de création de valeur grâce à des stratégies de développement, d'acquisitions (buy-and-build) ou d'amélioration opérationnelle. Les distributions sont généralement plus limitées, la création de valeur provenant principalement de la cession. Plus risquée que les stratégies Core et Core Plus, elle vise un rendement cible de l'ordre de 10 à 15 % par an.*
Private Equity Infrastructure
Le Private Equity Infrastructure applique les méthodes du Private Equity au secteur des infrastructures, en investissant principalement dans des entreprises du secteur (services, plateformes de développement, opérateurs) plutôt que dans des actifs individuels. Cette stratégie vise à créer de la valeur par la croissance, les acquisitions et les améliorations opérationnelles, en contrepartie d'un niveau de risque plus élevé et d'un rendement cible généralement supérieur à 15 % par an.*
* Fourchettes de rendement cible indicatives, couramment retenues par les gérants pour décrire chaque stratégie, exprimées en TRI brut. Elles ne constituent ni une garantie ni une promesse de performance. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les acteurs du Private Equity
General Partner (GP)
Le General Partner désigne le gestionnaire d'un fonds non coté. Il est responsable de la levée des capitaux auprès des investisseurs, puis de l'identification, de la réalisation, du suivi et de la cession des investissements. Sa mission consiste à créer de la valeur et à générer la meilleure performance possible pour les investisseurs du fonds. Sa rémunération repose sur les frais de gestion et le carried interest, ce qui aligne ses intérêts sur ceux des investisseurs.
Limited Partner (LP)
Le Limited Partner désigne l'investisseur qui apporte des capitaux à un fonds non coté sans participer aux décisions d'investissement. Les LP peuvent être des institutions (fonds de pension, assureurs, fondations, fonds souverains), des family offices ou des investisseurs particuliers, directement ou via des véhicules dédiés. Leur responsabilité est limitée au montant de leur engagement.
Société de gestion
Une société de gestion de portefeuille est une entité agréée, en France par l'Autorité des marchés financiers (AMF), mandatée pour gérer un ou plusieurs fonds d'investissement. Elle prend en charge, pour le compte des investisseurs, l'ensemble du processus : sélection des opportunités, due diligence, décisions d'investissement, suivi des participations et cession des actifs. En contrepartie, elle perçoit des frais, notamment une commission de gestion.
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Frais et partage de la performance
Frais de gestion (management fees)
Les frais de gestion rémunèrent la société de gestion pour la gestion courante du fonds. Ils sont généralement calculés en pourcentage des engagements pendant la période d’investissement, puis sur la base des capitaux effectivement investis ou de l’actif net, selon les modalités prévues par le fonds. D’autres frais peuvent s’ajouter : frais de constitution, frais de transaction ou frais de distribution. Ils sont détaillés dans la documentation du fonds et doivent être pris en compte dans l’analyse de la performance nette.
Carried interest
Le carried interest (ou « carry ») est la part des plus-values d’un fonds attribuée à l’équipe de gestion selon les modalités prévues dans la documentation du fonds. Il est fréquemment de l’ordre de 20 % et peut notamment intervenir après l’atteinte d’un rendement prioritaire, ou hurdle rate, lorsqu’un tel mécanisme est prévu. Ce dispositif d’intéressement vise à aligner les intérêts de l’équipe de gestion sur ceux des investisseurs.
Hurdle rate (rendement prioritaire)
Le hurdle rate, ou taux de rendement prioritaire (preferred return), est, lorsqu’il est prévu par la documentation du fonds, le niveau de rendement que les investisseurs doivent percevoir avant que l’équipe de gestion puisse bénéficier du carried interest selon les modalités prévues. En Private Equity, il est fréquemment fixé autour de 8 % par an, bien que son niveau et son fonctionnement varient selon les fonds.
Waterfall (cascade de distribution)
La waterfall désigne l’ordre dans lequel les flux d’un fonds sont répartis entre les investisseurs et l’équipe de gestion, selon les modalités prévues dans la documentation du fonds : remboursement du capital, versement éventuel d’un hurdle rate, mécanisme de catch-up puis partage des plus-values via le carried interest. On distingue notamment les waterfalls calculées à l’échelle du fonds et celles calculées opération par opération.
Les véhicules d'investissement
FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement)
Le FPCI est un fonds d'investissement alternatif français dédié au non coté, réservé aux investisseurs professionnels et à certaines catégories d'investisseurs avertis, avec en règle générale une souscription minimale de 100 000 euros. Simplement déclaré auprès de l'AMF, il bénéficie de règles d'investissement plus souples que les fonds ouverts au grand public. Il est géré par une société de gestion agréée par l'AMF. Certains FPCI sont également accessibles en unités de compte dans des contrats d'assurance vie ou de PER.
SLP (Société de Libre Partenariat)
La Société de Libre Partenariat est une forme de société en commandite simple spécifiquement adaptée aux fonds d’investissement professionnels. Inspirée du limited partnership anglo-saxon, elle offre une grande flexibilité dans l’organisation des relations entre les investisseurs (LP) et l’équipe de gestion (GP). Elle est notamment utilisée pour structurer des fonds institutionnels de Private Equity en France.
FCPR (Fonds Commun de Placement à Risque)
Le FCPR est un fonds agréé par l'AMF et accessible au grand public, qui doit investir au moins 50 % de son actif dans des titres non cotés, en France ou à l'étranger. Il constitue l'un des principaux véhicules d'accès des particuliers au Private Equity, directement ou en unités de compte, et peut ouvrir droit à des avantages fiscaux sous conditions de durée de détention.
FCPI (Fonds Commun de Placement dans l'Innovation)
Le FCPI est une catégorie de FCPR qui doit investir au moins 70 % de son actif dans des PME européennes innovantes, non cotées ou cotées sur des marchés de petite taille. En contrepartie d'un blocage des avoirs, généralement de 5 à 10 ans, la souscription peut ouvrir droit à une réduction d'impôt sur le revenu, dans les conditions et limites fixées par la loi de finances en vigueur.
FIP (Fonds d'Investissement de Proximité)
Le FIP est une catégorie de fonds d’investissement qui doit respecter des quotas d’investissement dans des PME répondant notamment à des critères géographiques et d’éligibilité définis par la réglementation. Il doit notamment investir au moins 70 % de son actif dans des entreprises éligibles. Sous certaines conditions, la souscription peut ouvrir droit à des avantages fiscaux prévus par la législation en vigueur, notamment pour certains FIP investis en Corse ou outre-mer. Il s’apparente en cela au FCPI, centré sur les PME innovantes.
ELTIF (European Long-Term Investment Fund)
L’ELTIF est un cadre réglementaire européen applicable aux fonds d’investissement de long terme, créé en 2015 et profondément réformé par le règlement dit « ELTIF 2.0 », applicable depuis janvier 2024. Il permet d’investir notamment dans le Private Equity, la dette privée et les infrastructures et bénéficie d’un passeport de commercialisation dans l’Union européenne, y compris auprès d’investisseurs non professionnels sous réserve des conditions réglementaires applicables. La réforme ELTIF 2.0 a assoupli les règles d’investissement et les conditions d’accès à ces véhicules.
Fonds evergreen (fonds semi-liquide)
Un fonds evergreen est un véhicule d'investissement non coté sans durée de vie prédéfinie. Il permet des souscriptions et des rachats partiels à intervalles réguliers, sous conditions et dans des limites prévues par sa documentation (plafonds de rachat, préavis, éventuels mécanismes de suspension). Contrairement à un fonds fermé, l'investisseur est immédiatement exposé à un portefeuille constitué, sans appels de fonds successifs. Le fonds conserve une poche de liquidités et réinvestit les produits de cession pour maintenir son exposition aux actifs non cotés.
Fonds feeder (fonds nourricier)
Un fonds feeder, ou fonds nourricier, est un fonds qui investit au moins 85 % de ses actifs dans un fonds unique, dit fonds maître (master fund). Ce mécanisme permet à des investisseurs d'accéder à des fonds institutionnels dont le ticket d'entrée ou la structure juridique ne leur serait pas directement accessible, la gestion restant centralisée au niveau du fonds maître.
Fonds de fonds
Un fonds de fonds est un véhicule qui investit dans une sélection de fonds sous-jacents. Il offre, en un seul engagement, une diversification par gérants, stratégies, géographies et millésimes, ainsi qu'une simplification administrative. Cette structure implique en contrepartie un double niveau de frais, celui du fonds de fonds et celui des fonds sous-jacents.
Le cycle de vie d'un fonds
Engagement (commitment)
L’engagement correspond au montant total qu’un investisseur s’engage à investir dans un fonds fermé lors de sa souscription. Ce montant n’est généralement pas versé immédiatement : il est appelé progressivement par la société de gestion au fil des appels de fonds, souvent sur plusieurs années. L’investisseur doit donc conserver les liquidités nécessaires pour répondre à ces appels.
Closing
Le closing est l'étape où les investisseurs confirment formellement leur engagement financier dans un fonds. Une levée de fonds comporte souvent plusieurs closings successifs pendant la période de souscription : un premier closing, qui permet au fonds de commencer à investir, puis des closings intermédiaires jusqu'au closing final, qui clôt définitivement la levée.
Période d'investissement
La période d’investissement est la phase durant laquelle un fonds réalise principalement ses nouveaux investissements. Elle dure fréquemment entre quatre et cinq ans à compter du premier closing, selon les modalités prévues par la documentation du fonds. Elle est généralement suivie d’une période de gestion et de cession des participations. La durée de vie totale d’un fonds de Private Equity fermé est souvent d’environ dix ans, avec des possibilités de prorogation.
Appel de fonds (capital call)
L'appel de fonds est la demande adressée par la société de gestion aux investisseurs de verser une partie de leur engagement, afin de financer un investissement ou de couvrir les frais du fonds. Les appels interviennent progressivement, principalement pendant la période d'investissement, ce qui explique qu'un fonds n'est jamais intégralement investi dès la souscription.
Dry powder
Le dry powder désigne les capitaux engagés par les investisseurs dans des fonds mais qui n’ont pas encore été investis. À l’échelle du marché, son niveau constitue notamment un indicateur de la capacité d’investissement disponible des fonds et peut contribuer à apprécier la pression concurrentielle sur les opportunités d’investissement.
Due diligence
La due diligence est une phase d'analyse approfondie réalisée avant un investissement. Elle vise à évaluer les aspects financiers, juridiques, fiscaux, opérationnels, commerciaux ou ESG d'une entreprise, d'un actif ou d'un fonds. Côté investisseur, la due diligence d'un fonds porte notamment sur l'équipe, le track record, la stratégie, les conditions financières et la gouvernance.
Prime d'égalisation
La prime d'égalisation est un mécanisme appliqué dans certains fonds de private equity pour assurer un traitement équitable entre les investisseurs entrant à des dates différentes. Les souscripteurs tardifs versent une prime qui compense l'avantage dont ils bénéficient en accédant à des investissements déjà réalisés, et à la valeur potentiellement créée depuis le premier closing. Elle est généralement calculée sur les montants déjà appelés, à un taux défini dans la documentation du fonds, souvent proche du hurdle rate, et proratisée selon la durée écoulée. Dans les structures à étages (feeder, fonds de fonds), sa cohérence avec celle du fonds sous-jacent est un point d'analyse essentiel.
Distributions
Les distributions sont les montants reversés aux investisseurs d'un fonds, principalement à la suite des cessions de participations, mais aussi sous forme de dividendes ou d'intérêts. Elles correspondent au remboursement du capital investi, augmenté le cas échéant des plus-values réalisées, et sont réparties selon la waterfall du fonds. Elles matérialisent la performance réalisée, mesurée par le DPI.
Re-up (réengagement)
Le re-up désigne le fait, pour un investisseur, de souscrire au fonds suivant d'une société de gestion avec laquelle il a déjà investi. Le taux de re-up des investisseurs existants est un indicateur suivi de la confiance accordée à un gérant, souvent fondée sur la qualité de sa gestion passée.
Le marché secondaire
Fonds secondaires
Les fonds secondaires rachètent des positions existantes dans des fonds ou des portefeuilles non cotés, initialement souscrites sur le marché primaire. Ils apportent ainsi de la liquidité à un univers par nature illiquide. Les acquisitions s'effectuent souvent avec une décote sur la valeur liquidative, variable selon les conditions de marché. Les fonds secondaires présentent généralement une durée d'investissement plus courte, des distributions plus précoces et une courbe en J atténuée, avec en contrepartie des multiples de performance souvent plus modérés que ceux des fonds primaires.
Transaction LP-led
Une opération LP-led est une transaction secondaire à l'initiative d'un ou plusieurs investisseurs (LP) qui cèdent leurs parts dans un fonds avant son échéance, le plus souvent à un fonds secondaire. Elle permet de rééquilibrer un portefeuille ou d'obtenir de la liquidité, sans modifier la structure du fonds ni sa gestion.
Transaction GP-led
Une opération GP-led est une transaction secondaire initiée par la société de gestion (GP), qui consiste à transférer un ou plusieurs actifs encore en portefeuille vers un nouveau véhicule, le plus souvent un fonds de continuation. Les investisseurs existants peuvent choisir de céder leur participation ou de rester investis, tandis que le GP prolonge la détention d'actifs dont il estime le potentiel de création de valeur non épuisé.
Fonds de continuation
Un fonds de continuation est un véhicule créé pour prolonger la détention d'un ou plusieurs actifs issus d'un fonds arrivant en fin de vie. Il permet de poursuivre la création de valeur au-delà de la durée initialement prévue, tout en offrant aux investisseurs existants le choix entre liquidité et réinvestissement. De nouveaux investisseurs, souvent des fonds secondaires, financent le rachat des positions cédées.
Décote (discount to NAV)
La décote désigne l’écart entre la valeur liquidative d’une position et le prix auquel celle-ci est acquise sur le marché secondaire lorsque ce prix est inférieur à cette valeur. Exemple : une position présentant une valeur liquidative de 100 et acquise pour 90 affiche une décote de 10 %. Son niveau varie notamment selon la qualité et la maturité des actifs, la stratégie concernée et les conditions de marché.
Les indicateurs de performance
Courbe en J
La courbe en J illustre l'évolution de la performance cumulée d'un fonds de capital-investissement au cours de son cycle de vie. Les premières années, la performance est généralement négative : les frais sont prélevés alors que les participations, récemment acquises, n'ont pas encore été revalorisées. Lorsque la création de valeur se matérialise et que les cessions interviennent, la courbe remonte. La lettre « J » symbolise cette trajectoire, d'abord descendante puis ascendante.
DPI (Distributions to Paid-In)
Le DPI mesure la performance réalisée d'un fonds : il rapporte le total des distributions versées aux investisseurs au capital appelé. Exemple : un investisseur ayant versé 100 et reçu 150 de distributions affiche un DPI de 1,5x. Fondé uniquement sur des flux encaissés, il est net de frais et ne dépend d'aucune estimation. Un DPI supérieur à 1x signifie que l'investisseur a récupéré plus que sa mise.
RVPI (Residual Value to Paid-In)
Le RVPI rapporte la valeur résiduelle nette du portefeuille encore détenu au capital appelé. Il mesure ainsi la part de la valeur du fonds qui demeure non réalisée. À mesure que les actifs sont cédés et que les produits de cession sont distribués aux investisseurs, le RVPI tend généralement à diminuer. Additionné au DPI, il donne le TVPI.
TVPI (Total Value to Paid-In)
Le TVPI mesure la valeur totale créée par un fonds. Il rapporte la somme des distributions déjà versées et de la valeur résiduelle du portefeuille au capital appelé. Il est égal à la somme du DPI et du RVPI : un fonds avec un DPI de 0,8x et un RVPI de 0,9x affiche un TVPI de 1,7x.
MOIC (Multiple on Invested Capital)
Le MOIC mesure combien de fois le capital investi a été multiplié. Il rapporte la valeur totale (réalisée et latente) d'un investissement au montant investi. Il est le plus souvent utilisé au niveau d'une participation ou d'un portefeuille, et exprimé en brut, c'est-à-dire avant frais et carried interest. Contrairement au TRI, il ne tient pas compte de la durée de l'investissement.
Multiple net
Le multiple net mesure la performance d'un fonds du point de vue de l'investisseur, après déduction de l'ensemble des frais et du carried interest. Il se calcule comme le TVPI et constitue l'indicateur à privilégier pour comparer des fonds entre eux, l'écart entre multiple brut et multiple net pouvant être significatif.
TRI (Taux de Rentabilité Interne)
Le TRI est le taux de rendement annualisé d'un investissement, calculé en tenant compte du montant et de la date de chaque flux : appels de fonds, distributions et valeur résiduelle. Techniquement, c'est le taux d'actualisation qui annule la valeur actuelle nette de ces flux. Il valorise la rapidité de restitution du capital : à multiple égal, un fonds qui distribue plus tôt affiche un TRI plus élevé. Il est donc à lire conjointement avec les multiples (TVPI, DPI).
Quartile
Le classement par quartile positionne la performance d’un fonds par rapport à celle d’un groupe de fonds comparables, généralement selon leur stratégie et leur millésime. Un fonds « premier quartile » figure parmi les 25 % les plus performants du groupe de comparaison considéré. Ce classement dépend donc de la base de données, de la méthodologie et de l’univers de comparaison retenus, ce qui en fait un indicateur à manier avec précaution dans la sélection des gérants.
Track record
Le track record désigne l'historique des performances d'une équipe de gestion sur ses fonds et investissements précédents. Il permet d'évaluer la régularité des résultats, la capacité à créer de la valeur à travers différents cycles et la persistance de la performance. Il constitue l'un des critères essentiels de la due diligence d'un fonds, sans préjuger des performances futures.
Millésime (vintage)
Le millésime, ou vintage, désigne l'année de référence d'un fonds, généralement celle de son premier closing ou de son premier investissement. Les conditions de marché au moment de l'investissement influençant fortement la performance, les fonds sont comparés à ceux du même millésime. Diversifier ses engagements sur plusieurs millésimes permet de lisser ce risque dans le temps.
Conclusion – un glossaire évolutif du non coté
Maîtriser le vocabulaire du Private Equity et des actifs non cotés est un préalable à toute analyse de fonds : comprendre la structure des frais, le cycle de vie d'un véhicule ou la différence entre performance réalisée et performance latente permet de comparer les offres et de construire une allocation cohérente. Ce glossaire est enrichi régulièrement de nouvelles définitions. Pour aller plus loin, consultez notre guide complet pour investir en Private Equity en France, notre panorama du marché français du capital-investissement, ainsi que l'ensemble de nos analyses sur notre newsroom.
Les investissements en actifs non cotés présentent un risque de perte en capital et un risque d'illiquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les définitions de ce glossaire ont une vocation pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement.
FAQ – Glossaire du Private Equity
Quelle est la différence entre DPI et TVPI ?
Le DPI mesure la performance réalisée : il rapporte les distributions effectivement versées au capital appelé. Le TVPI mesure la valeur totale créée : il ajoute aux distributions la valeur résiduelle du portefeuille encore détenu. Le TVPI est égal à la somme du DPI et du RVPI. En début de vie d'un fonds, le DPI est faible et l'essentiel du TVPI est latent ; en fin de vie, les deux indicateurs convergent.
Qu'est-ce que le carried interest en private equity ?
Le carried interest est la part des plus-values d'un fonds, fréquemment de l'ordre de 20 %, attribuée à l'équipe de gestion une fois que les investisseurs ont récupéré leur capital et perçu un rendement minimal appelé hurdle rate. Ce mécanisme aligne les intérêts des gérants sur ceux des investisseurs.
Quelle différence entre FPCI, FCPR et ELTIF ?
Le FPCI est un fonds français réservé aux investisseurs professionnels et à certains investisseurs avertis, avec en règle générale un ticket minimal de 100 000 euros. Le FCPR est agréé par l'AMF et accessible au grand public, avec au moins 50 % d'actifs non cotés. L'ELTIF est un label européen, réformé en 2024, qui peut être commercialisé dans toute l'Union européenne, y compris auprès d'investisseurs non professionnels.
Pourquoi la performance d'un fonds de private equity est-elle négative les premières années ?
C'est l'effet de la courbe en J : pendant les premières années, les frais sont prélevés alors que les participations récemment acquises n'ont pas encore été revalorisées ni cédées. La performance devient positive lorsque la création de valeur se matérialise et que les cessions interviennent. Les fonds secondaires et les fonds evergreen permettent d'atténuer cet effet.
Quels sont les principaux risques des investissements non cotés ?
Les investissements non cotés présentent un risque de perte en capital, un risque d'illiquidité lié à la durée de blocage des sommes investies, et une forte dispersion des performances entre fonds. Les valorisations sont estimées périodiquement et non issues d'un prix de marché. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces investissements doivent s'inscrire dans une allocation diversifiée, adaptée à l'horizon et au profil de l'investisseur.
Nos équipes vous accompagnent dans la compréhension des différentes stratégies d'investissement et vous présentent les solutions accessibles via Private Corner.