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Comment investir dans les fonds d'infrastructures dédiées aux grandes transitions ?

Transition énergétique, décarbonation, intelligence artificielle, souveraineté numérique : les grandes transformations que connaît l’Europe ont un point commun. Elles nécessitent de nouvelles infrastructures et des capitaux importants pour les développer et les faire changer d’échelle. Réseaux électriques, stockage d’énergie, recyclage, gestion des ressources, centres de données ou connectivité : derrière des tendances qui peuvent paraître technologiques ou environnementales se trouvent des actifs physiques indispensables à leur déploiement. Pour les investisseurs, ces évolutions font émerger un segment spécifique : les infrastructures de transition, et notamment le Growth Infrastructure, qui associe certaines caractéristiques traditionnellement recherchées dans l’infrastructure à un potentiel de développement plus important.
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Qu’est-ce qu’une infrastructure de transition ?

Une infrastructure de transition est un actif ou une entreprise fournissant les équipements et services indispensables aux grandes transformations environnementales, énergétiques ou digitales de l’économie.

Elle peut par exemple intervenir dans la production et le stockage d’énergie, l’électrification, la gestion des déchets et des ressources, les centres de données ou les réseaux numériques.

La notion dépasse donc largement les infrastructures traditionnelles. Elle reflète l’évolution des besoins des économies européennes : les transitions créent elles-mêmes de nouveaux besoins d’infrastructures.

Cette dynamique est particulièrement visible en Europe, où les objectifs de décarbonation, d’indépendance énergétique, de compétitivité et de souveraineté technologique nécessitent des investissements importants.

À elle seule, la modernisation des réseaux électriques européens nécessiterait 584 milliards d’euros d’investissements d’ici 2030, selon une estimation de la Commission européenne reprise par la Banque européenne d’investissement (BEI).[1][2]

Quelles sont les trois grandes transitions qui transforment les infrastructures en Europe ?

1. La transition environnementale : transformer la manière dont nous utilisons les ressources

Station de traitement des eaux vue du ciel au petit matin, illustrant les infrastructures de la transition environnementale

La transition environnementale ne concerne pas uniquement la production d’énergie. Elle implique également de repenser la manière dont les économies utilisent, traitent et réemploient leurs ressources.

Traitement et recyclage des déchets, gestion de l’eau, économie circulaire, dépollution ou solutions permettant de réduire l’empreinte environnementale des activités économiques nécessitent des infrastructures spécifiques.

La réglementation européenne constitue l’un des moteurs de cette transformation. Dans le secteur de l’eau par exemple, la Commission européenne souligne depuis plusieurs années l’importance des investissements nécessaires pour atteindre les objectifs européens en matière d’eau potable, de traitement des eaux usées et de résilience.[7]

Pour l’investisseur, l’enjeu consiste notamment à identifier les entreprises capables de répondre à ces besoins structurels avec des modèles économiques suffisamment établis pour présenter de véritables caractéristiques d’infrastructure.

2. La transition énergétique : électrifier et adapter les réseaux

Pylônes électriques et éoliennes au lever du jour, illustrant les infrastructures de la transition énergétique en Europe

Produire davantage d’électricité renouvelable ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir la transporter, la stocker et l’acheminer jusqu’aux lieux de consommation.

C’est l’un des grands défis européens des prochaines années.

L’électrification des transports, des bâtiments et de l’industrie accroît les besoins en réseaux, interconnexions, stockage et infrastructures énergétiques. La Commission européenne vise désormais un taux d’électrification de 46 % de la consommation d’énergie européenne en 2040, contre environ 23 % aujourd’hui.[3]

Parallèlement, une grande partie des réseaux européens doit être modernisée. La BEI souligne que les investissements dans les réseaux restent en retard par rapport au développement des capacités renouvelables.[6]

La transition énergétique est donc aussi, et peut-être avant tout, un enjeu d’infrastructures.

3. La transition digitale : construire les infrastructures de l’économie numérique

Allée d'un centre de données éclairée en lumière bleue douce, illustrant les infrastructures de la transition digitale

L’intelligence artificielle est immatérielle dans ses usages, mais très matérielle dans ses besoins.

Son développement nécessite des capacités de calcul, des centres de données, de l’énergie, des réseaux de télécommunications et des infrastructures de connectivité toujours plus importantes.

Cette problématique prend une dimension particulière en Europe avec les enjeux de souveraineté numérique et technologique.

En 2026, la Commission européenne constate ainsi que 96,8 % des foyers européens bénéficient d’une couverture 5G de base, mais que le déploiement de la fibre, les semi-conducteurs et les capacités de calcul restent en retard sur les objectifs européens pour 2030.[4][5]

La BEI estime également que l’expansion de l’IA générative va accentuer les besoins européens en matière de centres de données, d’infrastructures énergétiques, de capacités de calcul et de cybersécurité.[8]

À retenir

  • Les trois grandes transitions européennes — environnementale, énergétique et digitale — reposent sur des actifs physiques.
  • Réseaux, stockage, traitement de l’eau, centres de données ou connectivité nécessitent des capitaux importants pour changer d’échelle.

Qu’est-ce que le Growth Infrastructure ?

Le Growth Infrastructure désigne une stratégie d’investissement ciblant des entreprises qui présentent déjà certaines caractéristiques propres aux infrastructures, tout en disposant encore d’un potentiel important de croissance.

C’est ce qui la distingue notamment des stratégies investissant dans des infrastructures très matures.

Les entreprises recherchées peuvent ainsi bénéficier de services essentiels, de barrières à l’entrée élevées ou de revenus contractualisés, tout en évoluant sur des marchés dont les besoins augmentent rapidement.

Le potentiel de création de valeur ne provient alors pas seulement des revenus générés par l’actif. Il repose également sur le développement de l’entreprise : augmentation de ses capacités, conquête de nouveaux marchés, expansion internationale ou acquisitions complémentaires.

Le Growth Infrastructure se situe ainsi à la rencontre de deux dynamiques :

« Les caractéristiques propres à l’infrastructure + le potentiel de croissance d’entreprises encore en phase de développement. »

Cette combinaison implique toutefois un profil de risque différent de celui d’une infrastructure mature.

Comment la valeur est-elle créée dans le Growth Infrastructure ?

L’un des enjeux d’une stratégie de Growth Infrastructure consiste à identifier des entreprises déjà établies mais susceptibles de devenir des plateformes de plus grande taille.

Une approche de Buy & Build peut notamment permettre d’accompagner cette transformation.

La création de valeur peut alors reposer sur plusieurs leviers : structuration de l’entreprise, amélioration opérationnelle, développement de nouvelles capacités, acquisitions ciblées, consolidation d’un marché fragmenté ou expansion internationale.

L’enjeu pour le gérant n’est donc pas uniquement de sélectionner une infrastructure attractive. Il est également de faire changer d’échelle l’entreprise qui la développe ou l’exploite.

Cette dimension rend l’expérience opérationnelle et sectorielle de l’équipe de gestion particulièrement importante.

Les infrastructures de transition sont-elles résilientes ?

Il faut distinguer la nature infrastructurelle d’un actif de son niveau de risque.

Certaines caractéristiques peuvent contribuer à la résilience d’un investissement : caractère essentiel du service rendu, barrières à l’entrée, contrats de long terme ou moindre sensibilité de la demande aux cycles économiques.

Mais elles ne suppriment pas le risque.

Une stratégie de Growth Infrastructure peut notamment être exposée à des risques de développement, d’exécution, réglementaires, technologiques, financiers ou liés au niveau d’endettement. La maturité de l’entreprise, la qualité de ses contrats et sa capacité à générer des flux de trésorerie doivent également être analysées.

Deux fonds qualifiés « infrastructure » peuvent donc présenter des profils risque/rendement très différents.

À retenir

  • La nature infrastructurelle d’un actif ne supprime pas le risque.
  • Deux fonds qualifiés « infrastructure » peuvent présenter des profils risque/rendement très différents.

Comment investir dans les infrastructures de transition ?

Pour un investisseur privé, l’investissement direct dans une infrastructure reste difficilement accessible. Il nécessite généralement des capitaux importants ainsi que des expertises sectorielles, opérationnelles, juridiques et financières spécifiques.

L’accès passe donc principalement par des fonds spécialisés dans les infrastructures.

Dans le non coté, ces fonds peuvent être fermés et investir pendant plusieurs années dans un nombre limité d’entreprises ou d’actifs. L’investisseur s’engage alors sur un horizon long et accepte une liquidité réduite ou inexistante pendant la durée du fonds.

Certains fonds institutionnels peuvent également être accessibles aux investisseurs privés au travers d’un fonds nourricier, qui regroupe leurs engagements avant de les investir dans le fonds sous-jacent.

L’accès à une stratégie ne constitue toutefois qu’une partie du sujet. La sélection du gérant et la structuration du véhicule permettant d’y investir sont deux dimensions déterminantes de l’investissement non coté.

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Quels critères analyser avant d’investir dans le Growth Infrastructure ?

Le premier réflexe consiste à ne pas considérer toutes les stratégies d’infrastructure comme équivalentes.

L’investisseur et son conseiller doivent notamment regarder l’expérience de l’équipe de gestion sur la stratégie concernée, son historique d’investissement, les secteurs et zones géographiques ciblés, la maturité des entreprises, la visibilité de leurs revenus et leur niveau d’endettement.

Il faut également comprendre comment le gérant entend créer de la valeur. Une stratégie reposant principalement sur les flux générés par des actifs existants ne présente pas le même profil qu’une stratégie dans laquelle une part importante de la performance attendue dépend de la croissance et de l’exécution d’un plan de Buy & Build.

Enfin, les modalités du fonds — durée d’investissement, appels de capitaux, distributions, frais et liquidité — doivent être analysées au même titre que ses actifs sous-jacents.

À retenir

  • Avant d’investir, analysez l’équipe de gestion, son historique, la maturité des entreprises et leur niveau d’endettement.
  • Comprenez comment la valeur est créée : flux d’actifs existants ou exécution d’un plan de Buy & Build.
  • Les modalités du fonds (durée, appels de capitaux, distributions, frais, liquidité) sont à analyser au même titre que ses actifs.

Quelle place donner aux infrastructures de transition dans une allocation ?

Il n’existe pas une seule manière d’investir dans les infrastructures.

Une stratégie diversifiée investie dans des actifs établis peut constituer une brique de cœur de portefeuille, avec notamment une recherche de diversification et de visibilité sur les flux.

À ses côtés, une stratégie de Growth Infrastructure consacrée aux grandes transitions peut jouer un rôle différent : exposer une partie du portefeuille à des moteurs structurels de croissance de long terme.

Les deux approches peuvent donc être complémentaires.

Pour Private Corner, cette distinction est essentielle : construire une allocation en actifs privés ne consiste pas à accumuler des fonds, mais à comprendre précisément la fonction de chaque stratégie au sein du portefeuille.

Accéder au Growth Infrastructure européen avec Private Corner

C’est dans cette logique que Private Corner lance Eurazeo Transition Infrastructure Feeder Fund II, un fonds nourricier donnant accès à la stratégie Eurazeo Transition Infrastructure II.

Gérée par Eurazeo Infrastructure Partners, la stratégie est positionnée sur le Growth Infrastructure européen et cible trois grandes transitions : environnementale, énergétique et digitale.

Elle vise des entreprises du mid-market européen positionnées sur des marchés de niche, combinant des fondamentaux d’infrastructure — services essentiels, barrières à l’entrée, revenus contractualisés — et un potentiel de développement.

Le portefeuille cible est composé de 8 à 12 investissements, principalement majoritaires, en Europe OCDE hors Turquie, répartis comme suit :

Transition ciblée Répartition cible du portefeuille
Transition environnementale 50 %
Transition énergétique 35 %
Transition digitale 15 %

La création de valeur repose notamment sur une approche de Buy & Build articulée autour de quatre étapes : sélectionner, structurer, stabiliser et accélérer, notamment grâce à des acquisitions ciblées et au développement international.

Accessible à partir de 100 000 euros, le fonds permet aux investisseurs privés, via leurs conseillers financiers, d’accéder à une stratégie jusqu’alors réservée aux investisseurs institutionnels.

Il vient compléter l’approche de Private Corner sur les infrastructures avec une brique satellite dédiée aux grandes transitions.

Eurazeo Transition Infrastructure Feeder Fund II
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Conclusion – Une brique satellite, à comprendre avant de l’intégrer

Les grandes transitions européennes créent des besoins d’infrastructures durables, mais toutes les stratégies d’infrastructure ne se valent pas : le profil de risque d’un Growth Infrastructure diffère de celui d’une infrastructure mature. Avant d’investir, la sélection du gérant, la structuration du véhicule et la fonction de la stratégie au sein du portefeuille doivent être analysées avec la même attention que les actifs sous-jacents.

FAQ – Infrastructures de transition et Growth Infrastructure

Qu’est-ce qu’une infrastructure de transition ?

Une infrastructure de transition est un actif ou une entreprise indispensable au déploiement des transformations environnementales, énergétiques ou digitales.

Pourquoi les besoins augmentent-ils en Europe ?

Décarbonation, électrification, IA et souveraineté numérique nécessitent de nouvelles capacités physiques : réseaux, stockage, centres de données, connectivité, traitement de l’eau ou gestion des ressources.

Qu’est-ce que le Growth Infrastructure ?

Il s’agit d’une stratégie ciblant des entreprises qui présentent des caractéristiques d’infrastructure tout en conservant un potentiel significatif de développement.

Quelle différence avec une infrastructure mature ?

Une infrastructure mature repose davantage sur des actifs établis et leurs flux. Dans le Growth Infrastructure, une partie plus importante de la création de valeur est recherchée dans la croissance et le développement des entreprises.

Comment un investisseur privé peut-il y accéder ?

Principalement par l’intermédiaire de fonds spécialisés. Des fonds nourriciers peuvent également donner accès à certaines stratégies institutionnelles avec des conditions d’accès adaptées à la clientèle privée.

Quels sont les principaux risques ?

Outre la perte en capital et l’illiquidité inhérentes au non coté, les investissements peuvent notamment présenter des risques de développement, opérationnels, réglementaires, technologiques ou financiers.

Sources

  1. Commission européenne, European Grids Package et Plan d’action pour les réseaux
  2. Banque européenne d’investissement, Grid investments and renewables in Thuringia
  3. Commission européenne, Electrification Action Plan, COM(2026) 595 final, 17 juillet 2026
  4. Commission européenne, State of the Digital Decade 2026, 17 juin 2026
  5. Commission européenne, Digital Decade 2026 – Connectivity Coverage in Europe 2025
  6. Banque européenne d’investissement, Electricity grids investment
  7. Commission européenne, Water Resilience Strategy – suivi des actions
  8. Banque européenne d’investissement, EIB Investment Report 2025/2026 : Capitalising on Europe’s strengths

Avertissement. Private Corner est une société de gestion de portefeuille agréée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) sous le numéro GP-20000038. Le présent article est publié à titre purement informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une offre ou une sollicitation d’achat ou de souscription de parts ou d’actions d’un fonds. Il s’adresse à des professionnels du patrimoine et ne tient pas compte de la situation personnelle, des objectifs ou de la tolérance au risque de chaque investisseur. Investir dans des actifs non cotés comporte des risques, notamment un risque de perte en capital partielle ou totale, un risque d’illiquidité (les sommes investies peuvent être bloquées pendant toute la durée du fonds) et un risque de dispersion des performances entre fonds. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les objectifs, allocations cibles et caractéristiques de la stratégie mentionnés ne sont pas garantis et peuvent évoluer. Avant toute décision, il convient de consulter la documentation réglementaire du fonds (notamment son règlement ou ses statuts et son document d’informations clés), de s’informer sur les risques et frais associés et de s’adresser à son conseiller. Les informations et chiffres cités proviennent des sources indiquées ci-dessus à la date de publication de l’article.

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