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Pourquoi faire de l’evergreen dans les marchés privés ?

Portés par l’ouverture progressive du non coté aux investisseurs privés et le développement des ELTIF 2.0, les fonds evergreen occupent une place croissante dans les allocations. Mais leur promesse de flexibilité ne doit pas être confondue avec celle d’une liquidité permanente. Invitée de Smart Patrimoine, Estelle Dolla, présidente et cofondatrice de Private Corner, revient sur le fonctionnement de ces véhicules, leur complémentarité avec les fonds fermés et les critères essentiels pour bien les sélectionner.

Retrouvez l’intégralité de l’intervention d’Estelle Dolla dans Smart Patrimoine – « Pour quelles raisons faire de l’evergreen ? ».

Fonds evergreen : une autre façon d’investir dans le non coté

Contrairement à un fonds fermé, dont le cycle d’investissement suit généralement une succession de phases (levée des capitaux, investissements, création de valeur puis cessions), un fonds evergreen n’a pas de durée de vie prédéterminée.

Les investisseurs peuvent généralement y souscrire de manière régulière et accèdent à un portefeuille déjà constitué. Le capital peut ainsi être investi plus rapidement, avec une visibilité immédiate sur une partie des actifs détenus.

Cette structure affiche des possibilités de rachat à certaines échéances. Mais c’est précisément sur ce point qu’une distinction essentielle doit être faite. La possibilité de sortir d’un fonds ne garantit pas sa liquidité.

La liquidité d’un fonds evergreen reste encadrée

Les tensions récemment observées sur certains fonds de dette privée américains ont remis cette question au premier plan.

Un fonds evergreen reste un véhicule investi dans des actifs privés, dont la liquidité est structurellement plus faible que celle des marchés cotés. Les fenêtres de rachat proposées aux investisseurs sont donc encadrées et peuvent être soumises à des mécanismes de limitation, notamment lorsque les demandes de sortie deviennent trop importantes.

Ces mécanismes, souvent appelés « gates », permettent de plafonner temporairement les rachats afin d’éviter de devoir céder des actifs dans de mauvaises conditions pour satisfaire des demandes de liquidité trop importantes.

Comme le souligne Estelle Dolla, « on vient faciliter l’accès, mais à aucun moment, on vient le rendre liquide ».

L’enjeu est avant tout pédagogique. Présenter l’evergreen comme un moyen de supprimer les contraintes de liquidité propres au non coté risquerait de créer de fausses attentes chez les investisseurs.

Evergreen et fonds fermés : deux approches complémentaires

L’essor des fonds evergreen ne signifie pas pour autant qu’ils ont vocation à remplacer les fonds fermés traditionnels.

Leur fonctionnement peut au contraire en faire une porte d’entrée vers les marchés privés, notamment pour des investisseurs encore peu familiers avec cette classe d’actifs. L’accès à un portefeuille déjà constitué permet de mieux visualiser les investissements réalisés et réduit la période nécessaire au déploiement du capital.

Les fonds fermés conservent parallèlement leurs propres caractéristiques : engagement sur une durée déterminée, construction progressive du portefeuille et exposition à un millésime d’investissement donné.

Il s’agit donc moins d’opposer les deux modèles que de comprendre comment ils peuvent se compléter au sein d’une allocation en actifs privés.

La sélection ne s’arrête pas aux actifs sous-jacents

La qualité des actifs détenus et l’expérience de l’équipe de gestion restent fondamentales, mais elles ne suffisent pas. Il faut également analyser la construction du portefeuille, les modalités de souscription et de rachat, le niveau de liquidités conservé par le véhicule ou encore sa capacité à absorber des périodes de demandes de rachats plus importantes.

Pour les CGP, family offices et banques privées, quatre principes peuvent ainsi être retenus :

  • Accessibilité ne signifie pas liquidité : un fonds evergreen reste investi dans des actifs privés.
  • Les mécanismes de sortie doivent être compris en amont : fenêtres de rachat et gates font partie intégrante de son fonctionnement.
  • Evergreen et fonds fermés sont complémentaires : ils répondent à des logiques d’investissement différentes.
  • La sélection doit intégrer la structure du véhicule : au-delà des actifs, sa gestion de la liquidité et sa résilience sont essentielles.

Les fonds evergreen contribuent à rendre les marchés privés plus accessibles à un éventail plus large d’investisseurs. Cette accessibilité accrue doit toutefois aller de pair avec davantage de pédagogie et d’exigence dans la sélection.

La pédagogie est au cœur de l’approche de Private Corner, qui accompagne ses partenaires avec des solutions d’investissement, des outils dédiés et des ressources pédagogiques sur le non coté pour les aider à construire des allocations adaptées aux objectifs de leurs clients.

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